Rien ou presque rien


 

Rien ou presque rien


Sept ans, déjà sept ans en France.

Qu’est-ce que sept ans ? Qu’a-t-on de plus après sept ans ?

Sept ans, au fond, ce n’est rien. Ce qu’on a de plus n’est rien non plus.

Avoir quelque chose, c’est perdre quelque chose.

Si l’on n’a rien, on ne perd rien.

Rien vaut mieux que quelque chose.

Rien, déjà, c’est beaucoup.

Faut-il penser ces sept années

— ou bien ne rien penser ?

N’y a-t-il rien à penser,

ou bien pense-t-on simplement à rien ?

Rien, c’est bien.

Rien, c’est assez.

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Puis encore trois fois sept ans ont passé.

C’est long — et pourtant comme un instant.

La France est toujours là —

ni avec moi, ni sans moi.

On a bien eu des petits riens

et perdu nos petits riens.

Mais en se retournant, on ne peut que dire :

ce n’était rien.

On voudrait dire aussi qu’on ne veut plus rien.

Et pourtant tout importe encore.

Alors, comme avant :

rien, c’est bien.

Rien, c’est assez.




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